EVASIONS DES DENTS DE LA MORT

Par Beth Woolbright

Dawn, un lapin beige et gris, a échappé aux griffes de la mort au moins trois fois. Les deux premières fois parce que le serpent pour lequel elle avait ramenée ne voulait pas la manger. Dawn et le serpent ont donc partagé la même adresse pendant encore deux ans avant qu’elle n’atterrisse au San Francisco Care and Animal Control.

La vie de Dawn a été épargnée une troisième fois par les membres du personnel d’un refuge qui furent émus par l’histoire de son passé. Heureusement, une famille d’accueil HRS (House Rabbit Society) disposait d’une nouvelle place avant qu’il ne soit trop tard. Grâce aux efforts du parent d’accueil de Bay Area, Katie Dinneen, Dawn fut sauvée. En l’espace de quelques semaines elle trouva un foyer dans le salon de Bill et Amy Harriman, où elle court, non pas pour fuir un serpent mais plutôt par joie de ravir une famille de cinq personnes.

Une merveille de 500 grammes

« Bun Bun » Walter a connu une expérience traumatisante similaire. Une petite lapine naine d’environ 500 grammes a été trouvé échappant à deux chiens dans les rues d’Hollywood en Floride par Ruth Walter Dienes et son fils Grant. Lorsque, deux semaines après avoir accueilli Bun Bun chez eux, Ruth remarqua une grosseur sur l’estomac du lapin, elle contacta Sandy Koi de Rabbit Rescue, à Hollywood en Floride.

La boule était une infection produite par la même bactérie que l’on trouve dans une morsure de serpent. Quelques travaux de recherche ont révélé que Bun Bun avait presque littéralement échappé aux dents de la mort! En fait, elle l’avait regardé droit dans son épiglotte! Bun Bun était en train d’être avalée vivante lorsque le python a toussé pour la recracher car le lapin était trop gros. Comme un certain nombre d’autres lapins qui deviennent trop gros pour devenir un diner pour reptile, Bun Bun a été ensuite abandonnée dans le voisinage avec le risque de devenir le repas d’autres prédateurs.

Après cinq mois de convalescence dans la famille d’accueil de Sandi, Bun Bun a finalement guéri de ses blessures et est retourné chez les Walter.

Coût caché

Dawn et Bun Bun sont deux des raisons incontestables pour lesquelles HRS conseille les refuges et les particuliers de facturer un montant d’au moins 10 dollars lorsqu’ils placent un lapin. Ce n’est pas pour un quelconque profit, mais pour décourager ceux qui recherchent un déjeuner pas cher (pour eux-mêmes ou leurs animaux). Malheureusement, si Dawn avait été adoptée au sein de ce refuge, le prix de l’adoption aurait été simplement de 5$, ou pour le formuler plus simplement, environ de 2$ la livre*!

Et, quand à ces personnes qui pensent qu’elles ont trouvé un bon foyer pour un lapin dont elles «ne veulent plus » en donnant le lapin à un zoo, elles vont être choquées. Lorsqu’on a demandé ce qu’il arrivait aux lapins nés dans la section enfants du Metropolitan Zoo, un employé a confié à un des directeurs du HRS que lorsque les lapins grandissaient, ils servaient de nourriture aux oiseaux de proie du zoo.

De la nourriture pour l’esprit.

Le paradoxe des humains s’occupant des chiens, chats, serpents, faucons et autres carnivores (pour n’importe quelles raisons) est QUI va leur servir de nourriture? Est-ce que cela ne devrait pas être basé sur sa position dans la chaîne alimentaire? Le niveau d’intelligence? Le manque de beauté?

On dit qu’un nombre de fans de reptiles ont dit « je ne pourrais jamais nourrir mon serpent avec un lapin, mais les rats ça ne me dérange pas ». Il y a, cependant, un groupe de gens de plus en plus importants qui découvrent que, comme les lapins de maison, les rats domestiques (en dépit de leur réputation et leur queue) sont aussi de merveilleux animaux de compagnie.

Un point doit être éclairci: les reptiles n’ont pas besoin d’être nourris avec des proies vivantes.
Selon le vétérinaire Jeffrey Bryan, DVM **, les serpents ne doivent pas être nourris avec des animaux vivants ou conscients à cause du risque de blessures graves pour le serpent. Bien que les serpents aient besoin d’un régime composé d’animaux entiers, ils n’ont pas besoin de respirer encore ou d’être fraîchement abattus. Ils peuvent manger de la nourriture congelée.

La différence entre la nourriture pour serpents et celle pour chien est que l’une est en morceaux et soigneusement pré emballée , alors que l’autre (trop souvent) tend à être plus identifiable. Certaines des boites les plus coûteuses pour chiens et chats contiennent du lapin, donc lire les étiquettes est important pour tous.

Vive les végétariens!

Dans le livre de Peter Mayle, « Une Année en Provence », qui traite de la vie dans le sud de la France, les lapins ne s’en sortent pas très bien car souvent ils finissent comme plat principal. Mais le respect et le fait d’être mignon sont peut-être les facteurs qui conduisent tant de personnes possédant des lapins domestiques à devenir des végétariens affichés. A voir un lapin sommeiller dans son bac à litière, il n’est pas difficile d’imaginer un lapin dans une assiette. Une telle image peut également servir à mettre un visage sur d’autres viandes.

Le vieil adage qui dit qu’il n’y a rien de mieux qu’un repas gratuit est péniblement vrai. Mais heureusement Dawn et Bun Bun sont libres d’apprécier beaucoup d’autres repas.

* Une autre raison pour ne pas donner des animaux gratuitement: certains finissent pas être vendus à des laboratoires pour être utilisés pour des expériences.

** Le docteur Bryan exerce au centre hospitalier Irving Street de San Fransico


Au-dessus, en haut: Sandi tient Bun Bun sur le dos sur ses genoux pour soigner ses abcès causés par une morsure de serpent.

Au-dessus, à gauche: Exsudat de peau, causés par une morsure de serpent, provenant de l’intérieur de la cuisse de Bun Bun.

En bas, à droite: A l’extérieur pour un petit tour avant le changement de bandage. Sandi a remarqué l’attitude positive de Bun Bun -preuve en est ses oreilles dressées- en dépit des emplacements de ses blessures, douloureux et souvent problématiques.

Photographies ( sur les deux pages) de Sandy Koi.

Bun Bun Walter en août 1994. A ce stade elle a le plein usage des ses pattes et est prête à rentrer à la maison.

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Traduit de l'anglais par Céline Ligier pour Marguerite & Cie le 11 janvier 2010 avec l'aimable autorisation de la House Rabbit Society
D'après l'original "Escapes from the Jaws of Death" de Beth Woolbright disponible sur le site de la House Rabbit Society : http://www.rabbit.org/journal/3-7/snake-bite.html
La House Rabbit Society n'est pas responsable de l'exactitude de la traduction
The House Rabbit Society is not responsible for accuracy of the translation
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