La bataille de Pandora contre un abcès de la mâchoire

Pandora est une lapine bélier nain de quatre ans qui m’a toujours amusé de ses cabrioles clownesques. Elle adore sauter en l’air comme un cheval sauvage et se tourner dans tous les sens jusqu’à épuisement. Elle n’avait jamais eu le moindre problème de santé mais lorsque nous sommes revenus d’un voyage de trois semaines en novembre 1998, elle avait l’air d’avoir pris du poids. Son visage semblait gonflé, mais par ailleurs elle mangeait bien et était active comme toujours. Ce n’est que le jour suivant, alors que je lui donnais à la main quelques friandises, que j’ai été horrifié de sentir deux gonflements en forme de gland dur de chaque côté de sa mâchoire inférieure. Les protubérances avaient la dureté du marbre et j’ai été stupéfié qu’un tel symptôme puisse apparaître aussi vite.

Notre merveilleux vétérinaire pour lapins, le Docteur Gary Schwartz, de Wheaton dans le Maryland, nous révéla qu’elle avait deux abcès à la mâchoire et que le traitement de prédilection était la chirurgie pour drainer les abcès et cureter les tissus contaminés. Il m’avertit également que les abcès chez le lapin pouvaient être un cauchemar à traiter car ils étaient persistants et qu’on pouvait avoir à retirer les dents de Pandora. J’ai demandé au Dr Schwartz si l’opération était très douloureuse pour le lapin et quelle chance elle avait de réussir. Il me répondit que les lapins toléraient généralement bien cette procédure et qu’il donnerait un analgésique à Pandora mais qu’il ne pouvait garantir les résultats du fait de la nature persistante des abcès de la mâchoire. Comme c’était le seul espoir de Pandora de guérir, j’ai dit oui à l’opération et j’ai espéré que le Dr pourrait sauver ses dents.

Le Dr Schwartz m’expliqua qu’il y a plusieurs causes possibles à la formation d’abcès de la mâchoire chez le lapin la plus fréquente étant l’infection de la racine d’une dent et que pour cette raison, les lapins sont particulièrement susceptibles de contracter de sévères abcès à la mâchoire.

Pandora survécut à l’opération et rentra à la maison avec l’air de Frankenstein et une prescription pour des antibiotiques par voie orale. Malheureusement, le Dr Schwartz m’a averti que l’infection avait touché l’os et était très étendue. Dans les semaines qui suivirent, les abcès reparurent et Pandora dut subir une nouvelle intervention comprenant l’ablation des dents du bas. A cet instant, j’étais très inquiet de lui infliger de telles tortures mais à voir la façon dont elle se remettait de la chirurgie et dont elle s’adaptait et réussissait à attraper la nourriture avec ses lèvres une fois ses dents retirées, j’en ai conclu que l’intervention chirurgicale était le bon choix.

A partir de ce moment, je lui fournissais beaucoup de carottes râpées et de légumes finement hachés avec du persil qu’elle trouva particulièrement facile à manger. Son appétit restait bon, elle ne semblait pas souffrir et elle tolérait bien l’antibiothérapie orale. Cependant, quelques semaines plus tard, les abcès étaient de nouveau de retour.

A ce moment, le Dr Schwartz était parti pour une conférence et j’ai amené Pandora voir un autre vétérinaire qui ne pouvait pas faire grand-chose de plus. Elle a renouvelé les prescriptions d’antibiotique et a suggéré que j’enlève le plus de pus possible des abcès, qui pourrait s’écouler par les canaux laissés vacants après l’ablation des dents de Pandora. J’ai ramené Pandora à la maison pour y attendre le retour du Dr Schwartz et chaque jour, j’essayais d’extraire autant de pus que possible en pressant délicatement, les abcès. Puisque Pandora n’a jamais été un lapin de genoux et déteste être porté, c’était une lutte quotidienne et chaque jour, elle devenait de plus en plus méfiante vis-à-vis de moi. Je me suis demandé si j’agissais bien et si ce n’était pas lui rendre un mauvais service que de la garder vivante mais elle mangeait toujours bien et ne montrait aucun signe évident de douleur donc j’ai estimé que nous avions un peu de temps avant de prendre une décision.

Le jour ou le Dr Schwartz est revenu, l’état de Pandora a empiré. Elle est devenue léthargique et a cessé de manger et j’ai craint qu’elle ne vive plus très longtemps. J’ai appelé le Dr Schwartz et nous avons longuement discuté d’une nouvelle procédure dans laquelle des billes imprégnées d’un antibiotique sont implantées près de l’abcès. Dr. Schwartz m’informa que la procédure était utilisée chez l’humain depuis le début des années 1970 mais n’avait été testée sur les lapins que depuis quelques années. Le vétérinaire combine un ciment d’os avec un antibiotique le façonnant en forme de bille. Les billes sont implantées à la place de l’abcès et diffusent l’antibiotique de façon continue sur une période de plusieurs mois voire plusieurs années. Le Dr Schwartz m’expliqua aussi que dans le cas de Pandora, il comptait utiliser un antibiotique appelé « Amikacine » et que cet antibiotique particulier pouvait causer des problèmes rénaux s’il était administré par injection. La diffusion lente de l’antibiotique par les billes ne causait pas de problème de rein.

Ayant vu la façon dont Pandora avait bien toléré les deux dernières interventions, J’ai accepté les implants en bille et le Dr Schwartz commanda les ingrédients nécessaires qui seraient livrés par FedEx le jour suivant. Il m’informa aussi que les billes en elle-même étaient relativement chères et s’ajouteraient au coût de l’intervention mais je pensais que Pandora méritait cette dernière chance. Le lendemain, elle fut opérée et le surlendemain, elle était rentrée ressemblant de nouveau à Frankenstein mais par ailleurs paraissant beaucoup mieux et mangeant bien. Une fois de plus, nous avons attendu, administré les antibiotiques par voie orale pendant dix jours et espéré que les billes réussiraient à soigner les abcès. Pandora allait bien pendant environ un mois puis, un jour, mon cœur s’effondra alors que je détectais une grosseur significative sur sa mâchoire inférieure, mais seulement d’un côté. Nous l’avons surveillé pendant quelques jours et lorsque nous avons constaté qu’elle grossissait, j’ai appelé de nouveau le Dr Schwartz. Mon sentiment était que si les billes semblaient fonctionner d’un côté, cela valait peut-être la peine de refaire les billes du côté malade. Dr. Schwartz était d’accord, commanda de nouvelles billes et Pandora subit sa quatrième intervention qui consistait en un curettage plus profond des tissus touchés et de nouveaux implants de billes le jour suivant.

Une fois encore, elle toléra la chirurgie extraordinairement bien et revint à la maison gaie et montrant un solide appétit. Cette fois, cependant, j’étais celui qui était malade. J’étais si fortement grippé que lorsqu’il fut temps de retirer les points de suture de Pandora, j’étais trop malade pour sortir de la maison et à plus forte raison pour faire les deux heures d’autoroute nous séparant du cabinet du Dr Schwartz. Heureusement, il pensa que je pouvais retirer les points moi-même (J’avais commencé à me sentir assez à l’aise avec elle à mesure que je m’occupais de ses soins.) et Pandora était assez intelligente pour rester immobile pendant que je travaillais sur elle avec des instruments aiguisés. Pandora a de nouveau été bien pendant approximativement un mois puis, dans un exemple classique de déjà-vu, elle développa un autre abcès du côté ou les billes avaient précédemment bien fonctionné. Je me suis tourmenté pour savoir si cela signifiait que la procédure des billes était condamnée à échouer mais à ce moment-là, les interventions étaient presque routinières et je l’ai ramenée au Dr Schwartz.

Lorsque le Dr Schwartz a passé aux rayons X la mâchoire de Pandora, il découvrit que l’infection n’avait pas élu domicile à l’endroit où les billes avaient été implantées mais dans une zone adjacente donc il a exécuté une nouvelle chirurgie pour cureter et placer de nouvelles billes dans la zone infectée. Il décida également qu’il n’y avait probablement pas besoin d’antibiotique par voie orale cette fois donc je l’ai simplement ramenée à la maison (elle allait bien, comme d’habitude), enlevé les points moi-même dix jours plus tard et attendu pour voir comment elle irait. C’était fin mars et nous sommes fin août, Pandora est apparemment en pleine santé depuis 5 mois.

A ma grande surprise et plaisir, nous approchons de l’anniversaire de la première année du commencement de son problème, et mises à part ses dents du bas manquantes, elle semble en meilleure santé que jamais! J’ai appris à couper ses dents du haut avec un coupeur de fil quand elles deviennent trop longues, une procédure qu’elle supporte bien en dépit de son aversion habituelle à être portée. Elle est espiègle et fait montre d’un appétit solide. En fait, l’un de ses trucs préférés est de prendre sa lourde gamelle en céramique dans sa bouche et de la lancer contre les barreaux de la porte de sa cage quand elle est vide pour signaler que le personnel cuisinier (autrement dit, moi) aurait été négligent! Donc il apparaît que sa bouche et sa mâchoire sont solides et ne lui font pas mal. Les billes n’ont aucun effet défavorable notable et nous croisons les doigts pour qu’elles continuent à fonctionner. Le coût total des soins vétérinaires de Pandora s’élèvent à 1500 $ (En fait, je pense que le Dr Schwartz a pris pitié de moi et m’a donné une pause sur les chirurgies ultérieures) mais elle a eu 9 mois relativement heureux en dépit des interventions. Même si c’est tout ce qu’elle obtient, neuf mois représentent une longue période pour un animal comme le lapin dont l‘espérance de vie est relativement courte et l’argent et l’effort semblent insignifiants au regard de la satisfaction de la voir plonger dans son plat de verdure, jouer, soigner sa sœur Peanut et être à son habitude comique et drôle.

Mon conseil à ceux dont le lapin développerait ce problème serait d’opter pour le traitement agressif dès le début. Si votre vétérinaire le recommande, acceptez le traitement par implant de billes et si nécessaire faites enlever les dents, le lapin n’aura aucun problème sans elles. Je suis très reconnaissant au Dr Schwartz pour le temps supplémentaire qu’il a donné à Pandora et très reconnaissant de toujours l’avoir avec moi. Comme avec tous les animaux gravement malades, mes interactions avec elles me sont plus précieuses et chaque jour est un cadeau à accepter et savourer. C’est peut-être la leçon la plus importante que nous pouvons apprendre de nos amis lapins

L’auteur voudrait remercier le Dr Gary Schwartz de l’hôpital vétérinaire Wheaton à Kensington dans le Maryland pour son aide technique pour cet article

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Traduit de l'anglais par Lilith pour Marguerite & Cie le 09 juin 2009 avec l'aimable autorisation de la House Rabbit Society
D'après l'original "Pandora's Battle with a Jaw Abscess " disponible sur le site de la House Rabbit Society : http://www.rabbit.org/journal/4-4/pandora.html
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