Devenir un lapin d’intérieur

Par Holly O'Meara

Au moment où les lapins passent du clapier à la maison, certains sautent le pas plus facilement que d’autres. Certains sont élevés dès le début en liberté, en sécurité, avec les privilèges d’un membre de la famille. Plus souvent un tel statut est atteint à travers un processus d’essais et d’erreurs.

Des familles d’accueil de la House Rabbit Society témoignent encore et encore de cette métamorphose, alors que des lapins sans logis provenant de milieux variés croisent notre chemin. Notre travail suppose que ces lapins puissent être considérés comme des "lapins de compagnie" pour avoir des chances de trouver de bonnes maisons. Notre travail comme famille d’accueil implique de créer un environnement où ce timide, grincheux ou miteux lapin blotti au fond de sa cage au refuge, peut s'épanouir et révéler qui il est vraiment. Ce qui suit sont les profils de lapins qui ont suivi ce parcours avec un petit peu d’aide de la part de leurs amis.

Mike le lapin « sauvage »

« Nous avons un lapin sauvage » me dit l’homme. « Il vient à notre porte d’entrée pour des friandises."

« S’il vient à votre porte, il n’est pas sauvage » répondis-je. Un animal domestiqué qui est retourné vivre loin des hommes est appelé marron. L’espèce du lapin sauvage, comme les lapins de garenne, n’a jamais été domestiquée. Un individu sauvage peut être temporairement apprivoisé, mais ce n’est pas de la bonté, que de poser un mini bélier dans un champ et d’espérer qu’il survive. Advienne que pourra, les animaux domestiqués dépendent de nous, et les sauvages ont besoin que nous les laissions en paix.

Mike s’est trouvé dans une cage pour la première fois de sa vie en 1988, quand une population de lapins domestiques abandonnés était rassemblée pour traitement. Comme pour la mère adoptive de Mike, mon job était de le socialiser et de l’entraîner au bac à litière. Son bac à litière était la chose la plus fermée que Mike avait maintenant comme terrier, et il se tapissait dedans, en jetant un coup d’œil par-dessus le bord. Il utilisa quatre bacs à litière, un dans chaque coin de sa cage, avant que Mike ait l’idée de n’en utiliser qu’un seul pour toilettes.

Un lapin avec une telle histoire peut-il être toujours facile à vivre comme un compagnon pour un humain ? Gena Barning, qui vit avec Mike et son amie Elizabeth dans un appartement de Glan-dale en Californie, dit, « Mike profite des bénéfices de la liberté, de la compagnie, et d’un environnement sécurisé où vieillir. »

Amber le lapin de clapier

Beaucoup d’entre nous, y compris moi-même, avions appris qu’un clapier est l’endroit correct pour garder un lapin. Beaucoup trop de lapins vivent encore dehors avec peu de liberté ou de compagnie. Nous savons maintenant que la vie dans un clapier n’assure pas beaucoup plus de sécurité qu’un terrain ouvert. Chaque année nous recevons des centaines d’appels de gens dont les lapins sont morts d’un choc alors qu’ils étaient confinés dans un clapier, en particulier ceux gardés dans des clapiers après le crépuscule. « Je ne comprends pas. Quand je suis sorti ce matin, le clapier était totalement sécurisé, le lapin n’avait pas de marque sur lui, et il était mort . Que s’est-il passé ? » La vue, l’odeur, ou le son d’un raton laveur, d’un faucon, d’un chat sauvage ou d’un chien peuvent causer un choc irréversible et fatal. Maintenant que nous connaissons mieux nos options, un clapier pour lapin peut-il faire la transition vers la vie à l’intérieur ?

Une lapine rondelette avec des marques siamoises, Amber était confinée dans un clapier pour au moins une année, et peut-être toute sa vie. En arrivant dans ma maison d’accueil, elle eut un coup de chance avant que son éducation de lapin de maison ait déjà commencé. Elle partit de la maison avec Linda et Peter, pour être l’amie de leur lapin d’appartement Snowshoes vivant en liberté. Moins d’une semaine après, je reçus un appel. « Ca ne marche pas », me rapporta Peter. « Elle détruit la moquette, ignore le bac à litière, et intimide Snowshoes. »

J’expliquai à nouveau les origines d’Amber. « Il se peut que ce soit la première liberté qu’elle n’ait jamais eu. Même si vous ne pouvez pas la garder, pensez-vous que vous pouvez travailler un peu avec elle ? » Peter accepta d’acheter une cage et d’enfermer Amber quelques temps. Peu de semaines après, il appela à nouveau. « Tout va bien. Nous avons du l’enfermer seulement occasionnellement, et elle est beaucoup plus calme maintenant. Elle et Snowshoes sont bons amis, et nous voulons la garder. » Comme d’autres transitions réussies, le changement de style de vie d’un lapin est meilleur, accompli par étapes. Il est naturel de vouloir donner beaucoup de liberté peu à peu à un animal qui a été enfermé pendant si longtemps, mais la liberté n’est pas toujours ce dont il a besoin en premier. Le temps de la cage a donné à Amber l’occasion de se repérer et de s’adapter à sa nouvelle vie. Maintenant elle a des années et des années de liberté à profiter avec sa nouvelle famille.

Hopscotch, le lapin errant

Incroyablement, des lapins abandonnés dans un environnement urbain ou « remis en liberté » dans une banlieue ou une campagne survivent en fait assez longtemps pour capter l’attention d’un bon samaritain passager. Souvent, un sauveur spontané en sait plus sur le soin des chiens ou des chats que des lapins, et se tourne vers un connaisseur en lapins pour l’aider.

Hopscotch, un bélier angora de deux mois, fut trouvé dans les rues par un ami de la connaisseuse Kelly Montana. Les familles d’accueil locales étant pleines, Kelly décida de faire une place pour Hopscotch dans son appartement et d’entreprendre sa réhabilitation.

Kelly trouva que Hopscotch souffrait de multiples problèmes de santé. Le tractus digestif du lapin est un système complexe et délicat, et elle ne savait pas ce que Hopscotch avait mangé durant les premiers mois critiques de sa vie. En plus, les épreuves l’avaient laissé avec une infection respiratoire tenace et un cas sévère de gale.

Hopscotch a pris du poids, sa fourrure a repoussé, et il a fini de grandir sous le soin incessant de Kelly et des traitements prescrits par son vétérinaire. Il devient un membre de la famille affectueux – bien qu’il eut prit là le chemin difficile. Et Kelly a cette joie très spéciale due à l’ajout d’une vie sauvée à sa maison.

Benjamin le lapin de jardin

Le soleil, la verdure, et une pièce pour batifoler. Certains compagnons lapins profitent des privilèges du jardin en plus du statut de lapin d’intérieur. Cependant, le prudent gardien lapin sait que le soleil peut causer un coup de chaleur, la verdure peut être toxique, et les espaces ouverts peuvent être envahis par les prédateurs. Les lapins doivent être protégés par une seconde clôture afin qu’ils profitent en sécurité du grand air, et ils doivent être à l’intérieur la nuit et par temps rigoureux.

Que se passe-t’il quand un lapin de jardin perd son jardin ? En tant que bénévole, je reçois trop d’appels de gens qui disent, « Nous déménageons pour un appartement, nous ne pouvons pas le garder. » En fait, un lapin qui n’est jamais allé dehors est plus chanceux qu’un qui n’est jamais allé à l’intérieur. L’illusion que la vie dans le jardin est « naturelle » et par conséquent bonne a coûté la vie à beaucoup de lapins. La stratégie de survie pour les lapins de la nature est rude : se reproduire beaucoup et mourir jeune. Quatre-vingt pour cent des lapins sauvages ne vivent pas au-delà de leur première année. La moyenne de la durée de vie pour les lapins sauvages est de deux ans. C'est la règle du jeu pour la survie de l'espèce, mais est-ce que c'est ce que nous souhaitons pour nos compagnons bien aimés ?

David Lang a appris par la manière forte - en perdant un lapin - ce qu'exige comme travail supplémentaire de laisser un lapin jouer à l'extérieur. Quand lui et sa femme, Helen, ont dû déménager d’une maison à un appartement, il n’était pas question que Benjamin reste. David est sensible à l’adaptation que son lapin a eu à faire, et a fait un effort pour lui fournir ses anciens plaisirs et passe-temps. Il s’assura d’apporter les jouets familiers de Benjamin et approvisionna le nouvel endroit, pour aider Benjamin à se sentir chez lui.

Vous pouvez apporter l’extérieur à l’intérieur en fournissant à votre lapin un grand bac pour creuser. Remplissez-le avec du papier découpé, de la paille, du foin d’avoine, de la terre, ou une autre combinaison. Vous pouvez aussi planter plusieurs types d’herbes (e.g., avoine, seigle) dans un récipient pour que votre lapin grignote et fourrage. Des boîtes en carton et des tubes d’expédition fournissent la matière du terrier. Y a-t-il une fenêtre ou une porte avec moustiquaire d’où Thumper peut observer l’extérieur, sentir la brise, et prendre un bain de soleil ? S’il n’y a pas de fenêtre fournissant un accès libre, vous pouvez poser une étagère pour lui donner un post d’observation. Les magasins d’alimentation pour animaux familiers vendent des arbres à chats, mais ils conviennent aussi pour les lapins. Et ne soyez pas surpris si le jardin de votre lapin d’extérieur ne lui manque pas du tout. La beauté et la merveille de la nature dont nous humains profitons est due en partie à notre position en-haut-de-la-chaîne-alimentaire-des-prédateurs. Pour un petit animal de proie, le jardin peut paraître davantage comme un lieu de danger que comme un refuge.

Qu’est-ce qui se cache derrière un nom ?

Lapin d’intérieur, lapin de jardin, lapin de clapier – La même créature merveilleuse porte toutes ces désignations arbitraires. Les humains créent la situation et lui donnent un nom, et nous avons le pouvoir de changer l’environnement en faisant ainsi d’une vie de lapin solitaire et dangereuse une vie sans danger et avec des congénères. Qu’est-ce qu’il y a de plus satisfaisant ?

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Traduit de l'anglais par Charlotte Canteloup pour Marguerite & Cie le 10 novembre 2009 avec l'aimable autorisation de la House Rabbit Society
D'après l'original "Making of a House Rabbit" de Holly O'Meara disponible sur le site de la House Rabbit Society : http://www.rabbit.org/journal/1/making-a-houserabbit.html
La House Rabbit Society n'est pas responsable de l'exactitude de la traduction
The House Rabbit Society is not responsible for accuracy of the translation
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