Soutenir votre lapin après la mort de son compagnon

Marinell Harriman

La plupart d’entre nous qui avons un lapin de compagnie en avons plus d’un. Nous avons d’autres lapins ou d’autres animaux de compagnie. Lorsque nous perdons un de ces chers et adorés membres de la famille, nous perdons souvent la raison. Nous avons tendance à nous préoccuper de notre propre peine plutôt que de prendre en compte que notre animal, membre de la famille peut aussi souffrir. Comme les animaux ne se comportent pas comme les humains, nous pouvons mal interpréter leurs signes de chagrin. Nous nous préparons à des périodes de déprime et des périodes de repli, mais il y a d’autres comportements qui peuvent être le signe d’un stress psychologique. Boire excessivement, s’arracher les poils et creuser la moquette en font partie.

Lorsque notre lapin Lefty âgé de 4 ans a perdu son compagnon Dinah, il n’y a eu aucun changement dans sa personnalité. Lefty est l'un de nos lapins les plus joueurs et fougueux. Nous avons toutefois remarqué qu’il buvait trois fois plus qu’avant, il sautait sur notre lit et déchirait nos oreillers.

Les animaux ne gèrent pas nécessairement le chagrin comme nous pouvons le faire, mais leur chagrin est néanmoins stressant. Si votre lapin survivant se comporte mal durant les semaines qui suivent un décès dans la famille, vous pouvez avoir tendance à le sermonner ou le réprimander sans réaliser qu’il est lui aussi en train de traverser des difficultés. C’est le moment de commencer à chercher un nouveau compagnon à votre ami, mais en premier lieu préparez le terrain à une transition en douceur à une seconde ou troisième relation.

LE PRIX DU BONHEUR

Un couple de lapins meurt rarement en même temps. Un des lapins restera derrière, seul et avec un manque de l’autre (un prix que nous payons tous dans nos relations avec quelqu’un qui vit moins longtemps que nous). Nous nous en sortons tous différemment avec le chagrin, mais il y a des choses que vous pouvez faire pour aider votre lapin à tenir le coup.

Ca peut sembler insensé, même morbide, mais laisser le corps avec le compagnon endeuillé pour un moment (peut être quelques heures) amoindrira la période de deuil. Les animaux acceptent la mort mieux que nous ne le faisons, comme une chose naturelle. Ce qui n’est pas naturel pour eux c’est d’avoir été séparé de son compagnon pour aller mourir ailleurs. Vous ne pouvez pas leur expliquer ce qui s’est passé.

Le lapin qui a eu son compagnon enlevé juste avant sa mort va attendre patiemment que son partenaire revienne et pourra peut être ne pas être capable d’accepter une nouvelle amitié jusqu’à ce qu’il soit convaincu que son ami ne reviendra pas. Ceci peut durer un mois ou plus. Un nouveau compagnon, présenté pendant cette période peut être rencontré avec belligérance.

Quand votre animal est en phase terminale, votre vétérinaire considère aussi bien les besoins psychologiques que physiques, et des chouchoutages sont généralement prescrits. Il n’y a néanmoins pas toujours le choix, et vous pouvez faire face à un survivant qui se sent seul et qui ne comprend pas pourquoi son copain est parti. Cette situation va exiger plus d’effort de votre part, soins, des câlins / toilettages spéciaux, et il aura besoin de plus de temps pour s’y faire.

C’était accidentellement que nous avons découvert combien la procédure de deuil est abrégée en observant la réalité physique. Un jeune mâle bélier qui a perdu son copain pendant la nuit, est resté à côté du corps plusieurs heures avant que l’on ne le trouve. Il a mis à peine une semaine à accepter un nouveau compagnon. N'est ce pas ce que nous souhaitons pour nos amis les animaux lorsque c'est possible ? Nous ne voulons pas de longues périodes de deuil. Ils ne leur reste pas eux non plus tant de temps que ça.

Dans le cadre de notre travail de famille d'accueil, nous secourons beaucoup de lapins abandonnés au crépuscule de leur vie. Nous leur donnons un compagnon pour le temps qu’il leur reste à vivre. Quelques fois c’est court. Mais si l’on peut, nous laissons au compagnon restant une « veillée », comme cela les nouvelles relations peuvent plus vite commencer.

QUESTIONS QUE L’ON PEUT SE POSER

A propos des autopsies ? Ne devraient-elles pas être pratiquées aussitôt ? Et à propos des maladies contagieuses ? Est-ce que les lapins souffrants ne devraient pas être séparés des non souffrants ? Théoriquement, oui à ces différentes questions. Mais à des situations précises il y a d’autres considérations.

Nos vétérinaires ont pratiqué assez d’autopsies pour se rendre compte des changements qui se sont passés après la mort, des anomalies qui étaient présentes avant la mort. Cela veut dire que nous avons quelques heures pour prendre nos dispositions. Séparer les lapins malades de leurs partenaires est parfois nécessaire, mais nous l’évitons autant que possible. Chaque cas doit être considéré comme unique et étudié par votre vétérinaire.

Nous à la HRS avons souvent fait prendre le risque pour nos lapins en pleine santé de leur laisser leurs compagnons malades jusqu' à la fin, et nous n’avons pas perdu un seul de ces supporters Un phénomène que j’ai souvent remarqué est un excès temporaire d’énergie. Quelques fois ils font des bonds et dansent. Au début, j’avais un peu peur, interprétant ce que je voyais en terme humain.

Nous avons des moeurs sociaux qui dictent comment réagir à la perte d’un être cher et comment rendre un respect adéquat. Les lapins n’observent pas nos règles. Ils semblent exprimer de la joie plutôt que du chagrin, même s’ils se souviennent de leur compagnon et qui va sans conteste leur manquer. J’essaie d’expliquer leur comportement comme une sorte de « vibration » soudaine de l’air ramenant le lapin à la mort de son compagnon. Mais, ce que je pense moi, c’est que les lapins savent peut être quelque chose que nous ne savons pas.

NOTE : Si un lapin décède chez le vétérinaire, ou a été autopsié, vous n’aurez de toute manière plus le choix. Dans ce cas, arrosez votre lapin avec les attentions particulières et faites attention à son comportement pendant la période de deuil.

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Traduit de l'anglais par Julie Broggi pour Marguerite & Cie le 22 août 2008 avec l'aimable autorisation de la House Rabbit Society
D'après l'original "Pet Loss Support For Your Rabbit" par Marinell Harriman, disponible sur le site de la House Rabbit Society : http://www.rabbit.org/journal/2-1/loss-support.html
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