L’expérience d’une famille d’accueil souffrant d’allergies

Par Laurie Ansberry

Pour quiconque souffre d’allergies, l'éternel dilemme est le suivant : « dois-je garder mon animal de compagnie et souffrir, ou dois-je suivre le conseil de mon docteur et me séparer de mon copain à poils ? » Adulte, j’ai développé des allergies relativement graves. En ce qui me concerne, la question ne s’est jamais posée : mes animaux faisaient partie de ma famille et le resteraient. J’ai informé mon docteur qu’il était totalement hors de question de m’en débarrasser et partant de là, nous avons discuté des options qui s’offraient à moi. Après tout, nombre d’entre nous sont également allergiques aux pollens, aux graminées et aux arbres. Il est très improbable que nous ne sortions jamais; au contraire, nous apprenons à nous adapter.

Je n’ai pas souffert d’allergies ma vie durant, heureusement d’ailleurs. Imaginez le choc, lorsque je suis devenue allergique pratiquement en l’espace d’une nuit à l’approche de la trentaine ! J’avais l’impression d’être en permanence fortement enrhumée. J’ai même souffert d’oreilles bouchées, de maux de gorge et de paupières gonflées en plus des symptômes habituels du rhume des foins. J’étais grognon. J’étais une épave. J’ai essayé des médicaments en vente libre qui se sont révélés plutôt efficaces, mais désagréables. Un décongestionnant qui aide également à sécher les yeux et le nez m’a rapidement provoqué un rythme cardiaque rapide ou irrégulier, la bouche sèche et de l’irritabilité. La caféine exacerbait ces effets. Les antihistaminiques me plongeaient dans un état de complète torpeur. Les gouttes ophtalmiques contre l’allergie ne calmaient pas les démangeaisons.

Désespérée, je suis allée consulter un allergologue. Il m’a fait passer des tests pour toute une série de graminées, d’herbes, de pollens, de moisissures, de poils d’animaux et autres. Je réagissais à tant d’allergènes que je ne vais pas commencer à tous les énumérer. Les seuls poils qu’ils ont testés sur moi à l’époque (apparemment c’était les seuls qu’utilisait ce docteur) étaient ceux de chats et de chiens. Je me suis révélée être assez allergique aux chiens et très allergique aux chats. J’avais grandi avec les 2, mais à ce moment là je n’avais que mon magnifique et gentil lapin mâle, Beau, et son compagnon, le cochon d’Inde Shelby. Je ne paraissais avoir de problème ni avec l’un, ni avec l’autre les premiers mois que nous les avions.

Le docteur a commencé par me faire une série d’injections « désensibilisantes ». Fondamentalement, cela consiste en un élixir de tous vos allergènes que l’on vous injecte en augmentant doucement les doses afin d’habituer votre corps à ces substances. Dès que vous avez atteint la quantité maximum, on vous maintient à une dose d’entretien. Il m’a également prescrit des antihistaminiques (non soporifiques ceux-là !), des corticostéroïdes en spray nasal et ophtalmique contre les démangeaisons et les rougeurs.

Quelque temps plus tard, j’ai développé de graves allergies à Shelby, le cochon d’Inde. J’avais du mal à respirer lorsque je le portais, mes lèvres et mes paupières gonflaient si je l’embrassais, et chaque partie de mon corps qui avait été en contact avec lui présentait des rougeurs. Retour chez l’allergologue. Malheureusement, il m’annonça que j’avais développé de l’asthme ! Apparemment ce n’était que l’indication que mes allergies s’aggravaient. Il m’a prescrit un inhalateur pour l’asthme. Plus tard, c’est passé à deux. L’un est un broncho-dilatateur (qui ouvre les bronches), l’autre est un corticostéroïde (qui les maintient ouvertes).

Tous ces médicaments combinés ont commencé à faire de l’effet. Je semblais développer une sorte d’immunité et n’avais plus les violentes crises d’éternuements dont j’ai souffert à une époque. Je prenais les antihistaminiques lorsque cela s’avérait nécessaire et je faisais le reste régulièrement conformément aux instructions.

Curieusement, une des choses les plus simples et les plus efficaces qui m’ait été suggérée, non par mon allergologue, mais par mon généraliste, était un purificateur d’air HEPA (High Efficiency Particulate Air).

Outre le fait qu’elle souffrait d’allergies, la généraliste était adepte d’éviter les médicaments autant que possible. Elle passait une heure dans une pièce exempte de tout allergène avec le purificateur, fermait toutes les fenêtres et c’est une nouvelle femme qui en ressortait. J’ai acheté la marque qu’elle m’avait recommandée et cela a tout changé et amélioré. Cela filtre les poussières, les acariens, les fumées, les poils d’animaux etc.

Cela fait maintenant 7 ans que je souffre d’allergies. J’ai reçu les injections et utilisé diverses combinaisons de médicaments quand cela s’avérait nécessaire. Les médicaments changent constamment et s’améliorent.

Je continue de souffrir énormément durant les pluies hivernales (moisissures) du sud de la Californie, certaines floraisons printanières ont raison de moi et je deviens très allergique aux chats, aux cochons d’Inde et à mes lapins lorsqu’ils muent. Le foin et la poussière peuvent également me rendre déchaînée/dingue. Depuis Beau, nous avons eu 5 autres lapins à nous et une multitude de lapins en famille d’accueil, qui arrivent et repartent.

J’ai appris à me traiter de manière préventive, en utilisant tous mes ustensiles avant d’approcher les déclencheurs de l’allergène, y compris mes petits compagnons bien-aimés. Il est très difficile de calmer une crise d’allergie une fois qu’elle a démarré en force, c’est pourquoi il est vital d’avoir recours à une médication anticipative, et d’être assidu dans l’utilisation de mesures préventives à long terme (tels les corticostéroïdes nasaux). L’installation de purificateurs d’air HEPA dans les pièces où se trouvent les lapins aide également et je recommande tout particulièrement d’en mettre un dans la chambre. Des purificateurs d’air HEPA plus grands peuvent couvrir plusieurs pièces tandis que les plus petits peuvent être transportés d’une pièce à l’autre.

Lorsque mes lapins muent, je demande de l’aide pour les soins. Si personne n’est disponible, j’achète un paquet de masques jetables (disponibles dans les quincailleries et magasins de bricolage) et j’en utilise lorsque je manipule du foin ou que je brosse mes lapins. Je me lave les mains immédiatement après chaque manipulation.

J’utilise la panoplie complète d'instruments pour personnes souffrant d’allergies et j’essaie surtout d’éviter les effets déclencheurs plutôt que de traiter simplement les symptômes par la suite. Je fais les deux si cela s’avère nécessaire.

Si vous êtes réellement dévoués à vos animaux de compagnie, il y a presque toujours une solution. Je ne peux pas imaginer la vie sans les miens et un peu de souffrance en vaut 10 fois la peine.

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Traduit de l'anglais par Marguerite & Cie le 23 juillet 2009 avec l'aimable autorisation de la House Rabbit Society
D'après l'original "A Fosterer's Allergy Experience" par Laurie Ansberry disponible sur le site de la House Rabbit Society : http://www.rabbit.org/journal/3-12/fosterer-allergies.html
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